Institut Milton H. Erickson Strasbourg Alsace

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La pratique de l’hypnose est déjà retrouvée chez les guérisseurs chamaniques.  Ainsi 4000 ans avant JC les sumériens décrivent sur leurs tablettes des méthodes hypnotiques. De même le recours à des techniques hypnotiques se retrouve dans les civilisations égyptiennes, de la Grèce antique et de la Chine ancienne..

L’histoire moderne  de l’hypnose place ses début au XVIII° siècle avec le magnétisme animal. le médecin allemand Anton Mesmer, qui fuit Vienne pour s’exiler à Paris  induit des  phénomènes de transe hypnotique sous forme de crises agitées spectaculaires , véritables transes collectives autour d’un baquet .  Celles ci sont selon lui le résultat de l’apport de fluide animal  que son don lui permet . Sa théorie repose sur la notion de blocage de la circulation d’un fluide à l’intérieur du corps malade. Cette alternative physique aux conceptions religieuses montre la possibilité de permettre des changements de conduite et de fonctionnement psychique jusqu’alors attribués à des entités spirituelles comme le rappelle les inductions verbales exorcisantes du père Gassner.

Une commission royale secrète  nommée par Louis XVI pour étudier cette pratique conclut à l’influence de l’homme sur l’homme  et au rôle de l’imagination et détruit la notion du fluide magnétique animal transmis par les dons du magnétiseur. La pratique du magnétisme animal est alors interdite en raison des risques pour les mœurs et la cohésion sociale.

Le marquis de Puységur, qui pratique le magnétisme animal met en évidence le déclenchement de transe somnambulique qu’il nomme sommeil magnétique ou sommeil fluide avec accroissement des capacités de communication et des connaissances. Puységur se distingue de Mesmer en déclarant n'être qu'un vecteur pour les malades qui seraient leurs propres médecins  en utilisant leurs ressources personnelles pour trouver des solutions à leurs problèmes, les crises mesmeriennes n'étant qu'un élément parasite. C'est pourquoi le considérer comme le fondateur de l'hypnose est logique. En 1785 il crée à Strasbourg la Société harmonique des amis réunis au sein de laquelle il forme quelque deux cent magnétiseurs et instituera de nombreux centres de traitements. Cette société perdurera jusqu'en 1789.

Par la suite l’abbé Faria critique cette théorie du fluide magnétique et développe la notion de sommeil lucide et de l’influence de l’imagination et se place comme le successeur de Puységur dans le développement des théories modernes de l’hypnose. L’abbé Faria influera nettement à la fin du XIX° siècle  Ambroise Auguste Liébault,  chef de file de l’école de Nancy.

Epurée de ces phénomènes occultes, les phénomènes hypnotiques sont repris par des médecins et en particulier  Jules Cloquet dans le cadre de l'anesthésie chirurgicale en 1829 en France. L'écossais James Esdaile, médecin de la Compagnie des Indes Orientales en 1845 obtient à Calcutta des résultats très prometteurs en anesthésie chirurgicale. Le chirurgien James Braid vers 1841est abusivement retenu comme le premier à avoir  introduit le terme d’hypnose en fait déjà utilisé en 1819 par le baron Etienne Felix d’Hénin de Cuvillers. Braid développe une méthode d’induction hypnotique par focalisation visuelle non plus sur la main du magnétiseur mais sur un objet et applique cette technique à des soins douloureux chirurgicaux  alors que l’anesthésie par  l’éther ne fait son apparition en France seulement en 1849. Des chirurgiens et anatomistes français tels Velpeau, Broca et Azam s’intéressent et traduisent les travaux de Braid.

Dès lors l’âge d’or de l’hypnose en France est marqué par l’utilisation de l’hypnose par Jean-Martin Charcot et l’école de la Salpetrière avec Babinsky, De La Tourette et Alfred Binet, à des fins expérimentales pour l’étude des paralysies  hystériques à la recherche de lésions organiques . Il reconnait  l’hypnose comme des états pathologiques et décrit en particulier catalepsie et somnambulisme. Il met aussi en place les bases de la théorie dissociative des névroses post traumatiques reprise par Pierre Janet et Sigmund Freud.

Dans le même temps s’oppose  l’école de Nancy avec en particulier  Hippolyte  Bernheim et Ambroise Auguste Liébault.. A partir des travaux de Faria et des traductions des travaux de Braid , Liebault développe le premières théories de l’école de Nancy avec les  interactions du sommeil et des états analogues sur le moral et le physique.

Le  développement de l’utilisation thérapeutique de l’hypnose se réduit très vite à sa composante suggestive directe.

D’autres médecins de cette époque seront influencés peu ou prou par ces deux écoles tels Alfred Binet en France ou Vladimir Mikhaïlovitch Bekhterev en Russie.

Freud de son côté abandonnera progressivement la thérapie hypnotique au profit de la psychanalyse, gêné par la variabilité de la suggestibilité individuelle alors que certains psychanalystes poursuivent son utilisation thérapeutique.

C’est au XX° siècle que l’hypnose fait résurgence en particulier en Europe avec Léon Chertok, François Roustang.

Aux Etats Unis  Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley, Ernesto Rossi  et puis bien sur Milton Erickson vont être à l’origine d’une hypnose permissive , des  nouveaux courants de psychothérapie avec l’école de Palo Alto , l’émergence de la cybernétique, des thérapies brèves systémiques et familiales.